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Effets secondaires de la vaccination

Effets secondaires de la vaccination, composition des vaccins ARN, le Pr. Didier Raoult livre son regard sur l’actualité.

“Ce qu’on a injecté contrevenait à la loi américaine, à la loi européenne, et à la loi française !” ”

ENTRETIEN ESSENTIEL – Nous recevons l’ancien directeur de l’IHU-Méditerranée Infection de Marseille, le Pr. Didier Raoult, qui poursuit son travail de recherche à l’institut. Dans cet entretien, l’infectiologue s’exprime sur les dangers des vaccins à ARN messager, leur composition, et ce que l’on sait aujourd’hui sur le sujet (et ce qu’on risque d’apprendre bientôt…). Il revient également sur le silence de l’ANSM et de l’IGAS et les résultats obtenus à l’IHU depuis 2020, chiffres qui ont fait l’objet d’un constat par huissier. Malheureusement, pour Didier Raoult, si “tout le monde a accès aux données”, “plus personne ne lit, ne sait lire ou ne veut lire”. Et surtout pas les politiques, gavés de fiches, effleurant à peine les sujets, “sans intelligence aucune”. Un monde politique selon lui dominé par “la stratégie d’obéissance”. “En France, la compétence n’est, depuis longtemps, plus un objectif”, se désole-t-il.

DEBRIEFING – Nouvelle publication de l’étude démontrant l’efficacité des traitements précoces, qui fait trembler le pouvoir.

Le professeur Raoult et quatre autres chercheurs, les professeurs Brouqui, Million, Parola et Mc Cullough publient un nouvelle étude sur les 30 423 patients pris en charge et soignés à l’IHU-Méditerranée durant la crise Covid. Initialement publiée le 4 juin 2023, cette étude avait été rétractée suite aux pressions exercées par François Braun, ministre de la Santé à l’époque. Mais les ministres de la Santé se succèdent et Didier Raoult continue à faire de la science.

Dans ce débriefing, il revient sur cette publication. Les résultats de l’étude sont statistiquement en faveur des traitements précoces, ce qui paraît logique au regard du type de maladie qu’est le Covid. Non seulement, les résultats sont indéniablement en faveur de la bithérapie (rappelons que les cinq chercheurs associés à l’étude ont soigné avec ces traitements pendant la crise), mais les données ont été validées par huissier dans un souci de transparence et d’intégrité.

Parmi les 30 202 patients pour lesquels des informations sur le traitement étaient disponibles, 191 sur 23 172 (0,82 %) patients traités par hydroxychloroquine et aziththromycine (HCQ-AZ) sont décédés,contre 344/7030 (4,89 %) qui n’ont pas reçu de traitement par HCQ-AZ.

Le traitement par HCQ-AZ a généré une mortalité plus faible que le traitement sans HCQ-AZ.

Le rapport de chance relative, ou odds ratio en anglais (OR) est de 0,16. C’est un calcul statistique qui permet d’évaluer la dépendance entre des variables aléatoires qualitatives souvent utilisées pour mettre en évidence le degré ou la force d’une association entre des échantillons traités ou pas dans des études cliniques. Après redressement et ajustement pour tenir compte du sexe, de l’âge, de la période et de la prise en charge du patient, la bithérapie est toujours associée à un taux de mortalité significativement plus faible.

Laurent Mucchielli a proposé une analyse de cette étude et conclut : “L’IHU démontre que son protocole anti-Covid aurait pu sauver de très nombreuses vies”.

Citant Schopenhauer (“Toute vérité passe par trois étapes : elle est toujours ridiculisée puis violemment combattue avant d’être acceptée comme une évidence”), le professeur Raoult évoque son tweet sur l’aveu de l’ancien président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy qui reconnaît s’être trompé sur l’efficacité du vaccin. Il aurait d’ailleurs pu prendre connaissance du contrat Pfizer sud-africain qui indique noir sur blanc que le fabricant ne s’engage ni sur l’efficacité ni sur les effets secondaires.

De la même manière que Jean-François Delfraissy reconnaît ses erreurs, ne serait-il pas opportun que l’actuel ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, reconnaisse aussi les siennes, par exemple quand il a osé déclarer qu’il n’y avait pas d’effets secondaires de la vaccination début octobre sur France Inter, et en réitérant ce message par un tweet.

Effets secondaires de la vaccination Romain Pauc, France-Soir janvier 2024  F. Froger / Z9

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53800 deces plus qu attendus 2022

53800 deces plus qu attendus 2022. 53 800 décès de plus qu’attendus en 2022 : une surmortalité plus élevée qu’en 2020 et 2021

En 2022, les décès observés ont nettement dépassé ceux attendus en l’absence d’épidémie de Covid-19 ou d’autres événements inhabituels tels que des épisodes de grippe ou de fortes chaleurs, etc.

La surmortalité, soit l’excédent de décès observés par rapport à ceux attendus, a été un peu plus forte en 2022 (8,7 %) qu’en 2021 (6,9 %) et 2020 (7,8 %). Pourtant, probablement grâce à la vaccination et à l’immunité collective, l’épidémie de Covid-19 a été moins meurtrière en 2022 : il y a eu 38 300 décès de personnes atteintes de la Covid-19 dans les hôpitaux et les établissements pour personnes âgées selon Santé publique France, soit nettement moins qu’en 2021 (59 100). Le nombre de certificats de décès avec une mention « Covid-19 » est également en baisse. Les décès dus à d’autres causes que la Covid-19 ont donc augmenté en 2022. L’année a compté de manière inhabituelle deux épisodes de grippe, en raison d’une épidémie tardive en mars-avril et précoce en décembre. Des épisodes de fortes chaleurs en été ont occasionné davantage de décès en 2022 qu’en 2021.

Enfin, l’épidémie de Covid-19 a pu entraîner depuis 2020 une hausse des décès en raison d’effets indirects, comme des reports d’opérations, une baisse des dépistages d’autres maladies, etc. Ces impacts éventuels n’ont toutefois pas encore été mesurés. Il peut aussi y avoir une interruption ou une pause dans la tendance à la baisse de la mortalité à chaque âge, mais sans qu’il soit encore possible de l’identifier.

Sommaire

En 2022, les décès observés ont dépassé de 53 800 ceux attendus
L’excédent de décès mesure l’impact de la Covid-19, mais aussi celui d’autres évènements inhabituels
En 2022, une surmortalité plus élevée qu’en 2021 et 2020
Avant 55 ans et après 85 ans, une surmortalité plus forte qu’en 2021
Hausse de la surmortalité des femmes et maintien de celle des hommes

En 2022, les décès observés ont dépassé de 53 800 ceux attendus

Quel est le niveau de la surmortalité en 2022 ? Pour répondre à cette question, les décès observés toutes causes confondues sont comparés à ceux attendus en l’absence d’épidémie de Covid-19 ou d’autres événements inhabituels, en prenant en compte l’augmentation et le vieillissement de la population, ainsi que la tendance à la baisse des risques de décès à chaque âge qui pouvait être observée avant l’apparition de la Covid-19. L’écart entre les décès observés et ceux attendus mesure à la fois les effets directs et indirects de l’épidémie de Covid-19, mais aussi les effets d’autres phénomènes inhabituels propres à l’année 2022, comme des épisodes de grippe ou de fortes chaleurs plus ou moins meurtriers que par le passé.

Si les quotients de mortalité par sexe et âge avaient baissé entre 2020 et 2022 au même rythme que sur la période 2010-2019 (méthodes), 621 200 décès auraient eu lieu en 2022, soit 8 000 de plus qu’en 2019 (figure 1). Cette hausse aurait été le résultat combiné de deux facteurs (figure 2) : +28 600 décès en raison de l’augmentation et du vieillissement de la population qui accroissent mécaniquement le nombre de décès, à probabilité de décéder à chaque âge identique à celle de 2019, et -20 600 décès dus à la tendance à la baisse des quotients de mortalité.

Figure 1 – Décès observés de 2010 à 2022 et attendus de 2020 à 2022

53800 deces plus qu attendus 2022

Note : données provisoires pour les décès attendus de 2020 à 2022 et observés en 2022.
Lecture : en 2022, 675 000 décès ont eu lieu. Le nombre de décès attendus est de 621 200, en prenant en compte l’augmentation et le vieillissement de la population, ainsi que la baisse des quotients de mortalité au rythme de la période 2010-2019.
Champ : France hors Mayotte jusqu’en 2013, France à partir de 2014.
Source : Insee, statistiques de l’état civil (extraction au 7 avril 2023) et estimations de population.

Figure 2 – Facteurs expliquant la hausse des décès depuis 2019

53800 deces plus qu attendus 2022
Figure 2 – Facteurs expliquant la hausse des décès depuis 2019 – Lecture : en 2022, 675 000 décès ont eu lieu en France, soit 53 800 de plus qu’attendus, en prenant en compte l’augmentation et le vieillissement de la population, ainsi que la baisse des quotients de mortalité au rythme de la période 2010-2019.

2020 2021 2022 puis ligne :
Janvier‑février Mars‑décembre Année Année Année puis ligne :
Décès observés en 2019 116 200 497 000 613 200 613 200 613 200
+Décès dus à l’augmentation et au vieillissement de la population +2 400 +9 800 +12 200 +19 400 +28 600
+Décès dus à l’année bissextile en 2020 +1 900 /// +1 900 /// ///
+Décès dus à l’évolution attendue des risques de décès -3 200 -3 600 -6 800 -13 700 -20 600
=Décès attendus 117 300 503 200 620 500 618 900 621 200
+Décès dus à l’évolution inattendue des risques de décès -8 600 +57 000 +48 400 +42 700 +53 800
=Décès observés 108 700 560 200 668 900 661 600 675 000

/// : absence de résultat due à la nature des choses.
Notes :
– données provisoires pour les décès attendus de 2020 à 2022 et observés en 2022
– la répartition des décès attendus par mois est celle constatée en moyenne par sexe et âge entre 2010 et 2019.
Lecture : en 2022, 675 000 décès ont eu lieu en France, soit 53 800 de plus qu’attendus, en prenant en compte l’augmentation et le vieillissement de la population, ainsi que la baisse des quotients de mortalité au rythme de la période 2010-2019.
Champ : France.
Source : Insee, statistiques de l’état civil (extraction au 7 avril 2023) et estimations de population.

L’année 2022 a finalement compté 675 000 décès, soit 53 800 décès de plus qu’attendus. Cet excédent de décès est plus important en 2022 qu’en 2021 (42 700) et qu’en 2020 (48 400), années qui avaient déjà connu une forte surmortalité, expliquée essentiellement par l’épidémie de Covid-19. En 2022, l’écart entre le nombre de décès observés et attendus varie de 48 000 à 58 000 décès selon l’hypothèse retenue, de baisse plus ou moins rapide des quotients de mortalité pour le calcul des décès attendus (prolongement des tendances de 2005 à 2019 ou de 2014 à 2019).
L’excédent de décès mesure l’impact de la Covid-19, mais aussi celui d’autres évènements inhabituels

Depuis le début de l’épidémie, Santé publique France (SpFrance) comptabilise, à des fins de surveillance, les décès de personnes atteintes de Covid-19 à l’hôpital ou en établissement pour personnes âgées, que le virus soit ou non la cause initiale du décès (sources). Le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc) estime, quant à lui, le nombre de certificats de décès avec une mention de Covid-19 tous lieux de décès confondus, y compris à domicile.

Les décès liés à la Covid-19 et l’écart entre les décès observés et attendus ne reflètent pas la même chose (figure 3). Les décès liés à la Covid-19, suivis par SpFrance comme par le CépiDc, incluent des décès de personnes fragiles qui auraient été la conséquence d’une autre cause en l’absence d’épidémie (diabète, maladie cardiovasculaire, etc.). Ces décès ne sont pas comptés dans l’écart entre le nombre de décès attendus et observés, car ils sont comptabilisés dans les observés, mais aussi dans les attendus. À l’inverse, l’écart entre les décès observés et attendus peut être accru par des décès indirectement causés par la Covid-19 (à la suite de reports de soins, de la baisse des dépistages, etc.), ainsi que par des décès supplémentaires dus à une grippe intense ou à de fortes chaleurs. Par ailleurs, l’écart peut s’inverser grâce à une grippe peu intense, une absence de canicule ou bien à d’autres décès évités, comme lors du 1er confinement (baisse des accidents de la route, de certaines maladies contagieuses grâce à la réduction des contacts, etc.).

Figure 3 – Décès par cause et écart entre les décès observés et attendus depuis mars 2020

https://www.insee.fr/fr/statistiques/7628176#figure3

Les données du graphiques sont disponibles en téléchargement via le lien Données

Sur l’ensemble de la période allant de mars 2020 à décembre 2022, l’excédent de décès toutes causes confondues (+153 500, (figure 2)) est inférieur au nombre de décès liés à la Covid-19 (+162 000) [Ouvrir dans un nouvel ongletSpFrance, 2023b]

et au nombre de certificats de décès comportant une mention Covid-19 (196 100)

[Ouvrir dans un nouvel ongletInserm, CépiDc, 2023].

En revanche, en 2022, les excédents de décès toutes causes confondues sont supérieurs aux décès liés à la Covid-19 en avril et pour tous les mois à partir de juillet (figure 4). Cela pourrait s’expliquer par la grippe, les fortes chaleurs de l’été ou encore une hausse des décès dus à d’autres causes.

Quant aux décès dont la cause initiale est la Covid-19, ils ne sont actuellement connus que pour l’année 2020, où ils se montent à 69 200 décès

[Ouvrir dans un nouvel ongletFouillet et al., 2022].

Figure 4 – Décès liés à la Covid-19 et écart entre les décès observés et attendus de mars 2020 à décembre 2022

53800 deces plus qu attendus 2022
0 5 000 10 000 15 000 20 000 25 000 -5 000 Mars Mai Juill. Sept. Nov. Janv. Mars Mai Juill. Sept. Nov. Janv. Mars Mai Juill. Sept. Nov. Inserm-CépiDc, certificat de décès avec mention de Covid-19 Santé publique France, décès liés à la Covid-19 Insee, écart entre les décès observés et attendus 2020 2021 2022
lib1 lib1b lib2 lib2b lib3 14 294 décès —–14 294 décès —–14294—– 14294 Mars 2020 Décembre 2022

Note : données provisoires de 2020 à 2022 pour l’Insee et de 2021 à 2022 pour le CépiDc de l’Inserm.
Lecture : en avril 2022, les décès observés dépassent de 5 687 les décès attendus, en prenant en compte l’augmentation et le vieillissement de la population, ainsi que la baisse des quotients de mortalité au rythme de la période 2010-2019. Le CépiDc comptabilise 5 149 décès avec mention de Covid-19, tous lieux de décès confondus. Santé publique France comptabilise 3 657 décès liés à la Covid-19 survenus à l’hôpital ou en établissement pour personnes âgées.
Champ : France, décès y compris à domicile pour l’Insee et le CépiDc de l’Inserm, décès à l’hôpital ou en établissement social ou médico-social pour Santé publique France.
Sources : Santé publique France ; CépiDc de l’Inserm, Statistiques de mortalité sur la Covid-19 (extraction au 5 mai 2023) ; Insee, statistiques de l’état civil (extraction au 7 avril 2023) et estimations de population.

En 2022, une surmortalité plus élevée qu’en 2021 et 2020

En 2022, il y a eu 8,7 % de décès de plus qu’attendus, contre 6,9 % en 2021 et 7,8 % en 2020. Cet écart, que l’on peut qualifier de surmortalité, est donc en 2022 supérieur à ceux de 2020 et de 2021. La surmortalité de 2022 est assez proche de celle des mêmes mois en 2021, sauf en juillet et décembre où elle est nettement supérieure : 13 % en juillet 2022, contre 1 % en juillet 2021 ; 25 % en décembre 2022, contre 15 % en décembre 2021 (figure 5). Le pic de décembre 2022 (25 %) est le troisième pic le plus élevé de surmortalité sur toute la période de 2020 à 2022, après ceux constatés lors des deux premières vagues de Covid-19 de 2020 (33 % en avril et 31 % en novembre).

Graphique Tableau

Figure 5 – Écart entre les décès observés et attendus par mois de janvier 2020 à décembre 2022

53800 deces plus qu attendus 2022 deces covid

0 5 10 15 20 25 30 35 40 -5 -10 en % Jan. Mars Mai Juill. Sept. Nov. Janv. Mars Mai Juill. Sept. Nov. Janv. Mars Mai Juill. Sept. Nov. 2020 2021 2022 1ʳᵉ vague 2ᵉ vague 3ᵉ vague 4ᵉ vague 5ᵉ vague 6ᵉ vague et grippe 7ᵉ vague et forte chaleur 8ᵉ vague 9ᵉ vague et grippe
lib1 lib1b lib2 lib2b lib3 +25,4 %—–+25,4 %—–25.4—– 25.4 Janvier 2020 Décembre 2022

Notes : données provisoires.
Lecture : en décembre 2022, les décès observés dépassent de 25,4 % les décès attendus, en prenant en compte l’augmentation et le vieillissement de la population, ainsi que la baisse des quotients de mortalité au rythme de la période 2010-2019.
Champ : France.
Source : Insee, statistiques de l’état civil (extraction au 7 avril 2023) et estimations de population.

Pourtant, même si le nombre de décès par cause initiale n’est pas encore connu, l’épidémie de Covid-19 a très probablement été moins meurtrière en 2022 qu’en 2021 : il y a eu 38 300 décès de personnes atteintes de la Covid-19 en 2022 selon SpFrance, soit nettement moins qu’en 2021 (59 100) ; le CépiDc comptabilise également un nombre de certificats de décès avec mention Covid-19 en baisse entre 2021 et 2022. Cette moindre mortalité liée à la Covid-19 est visible seulement en première moitié d’année, de janvier à mai, avec environ 20 000 décès liés à la Covid-19 en moins (selon SpFrance ou le CépiDc). Début 2022, une grande majorité de la population avait reçu au moins deux doses de vaccin, ce qui n’était pas le cas au début de l’année précédente. Par exemple, le 1er avril 2021, seulement 7 % des 70-74 ans étaient vaccinés avec deux injections, contre 85 % au 1er août 2021 [Ouvrir dans un nouvel ongletSpFrance, 2023b]. La vaccination est l’un des facteurs qui a réduit le taux de mortalité lié à la Covid-19 : par exemple, en octobre 2021, parmi les 20 ans ou plus, ce taux est neuf fois moins élevé pour les personnes complètement vaccinées que pour celles non vaccinées [Ouvrir dans un nouvel ongletDrees, 2021]. De plus, le variant Omicron, majoritaire à partir de début 2022, a entraîné des formes moins sévères par rapport aux précédents variants (Alpha et Delta).

Ce sont donc les décès dus à d’autres causes que la Covid-19 qui ont augmenté en 2022. Tout d’abord, l’année 2022 a compté de manière inhabituelle deux épisodes de grippe : une première épidémie tardive en mars-avril, puis une seconde précoce en décembre [Ouvrir dans un nouvel ongletSpFrance, 2023a], alors même que la grippe a été quasi absente en 2021 [Ouvrir dans un nouvel ongletSpFrance, 2023c]. Le pic de mortalité en décembre 2022 a touché plus particulièrement la France et les pays du Nord de l’Europe [Ouvrir dans un nouvel ongletEurostat, 2023]. De plus, des épisodes de canicule ont occasionné davantage de décès en 2022 (2 800 toutes causes confondues) qu’en 2021 (200) [Ouvrir dans un nouvel ongletSpFrance, 2022a]. Les températures élevées une grande partie de l’été ont pu aussi entraîner des décès en dehors des périodes de canicule.

Par ailleurs, l’épidémie de Covid-19 a pu entraîner une hausse des décès en 2021 et en 2022 en raison d’effets indirects, comme des reports d’opérations ou la baisse des dépistages d’autres maladies en 2020 [Ouvrir dans un nouvel ongletSpFrance, 2022b]. L’analyse détaillée des causes de décès par le CépiDc permettra d’apporter des éléments d’explication complémentaires à cette hausse.
Avant 55 ans et après 85 ans, une surmortalité plus forte qu’en 2021

En 2022, les décès observés sont supérieurs aux décès attendus pour toutes les classes d’âge, avec une surmortalité qui varie de +4 % pour les 55-64 ans à +11 % pour les 75-84 ans. Par rapport à 2021, elle a augmenté avant 55 ans et après 85 ans (figure 6). Les décès de personnes âgées de moins de 15 ans sont notamment plus nombreux qu’attendus en 2022 (+6 %), alors qu’ils étaient inférieurs en 2021 (-3 %). Entre 15 et 34 ans, la surmortalité s’est aussi nettement accrue (+10 %, contre +3 % en 2021) ; elle a également augmenté, dans une moindre mesure, chez les 35-54 ans. Pourtant, selon SpFrance, les décès à l’hôpital des moins de 55 ans atteints par la Covid-19 ont été moins nombreux en 2022 qu’en 2021 [Ouvrir dans un nouvel ongletSpFrance, 2023b]. Une hausse des décès liés indirectement à l’épidémie (report d’opérations, baisse des dépistages, etc.) ou à un autre événement inhabituel (grippe, épisodes de fortes chaleurs, etc.), et/ou une baisse des décès évités pourrait expliquer cette surmortalité plus élevée à ces âges. Avant 55 ans, l’écart entre le nombre de décès observés et attendus est de 3 500 personnes en 2022, ce qui représente 7 % de l’écart total (53 800).

 

Figure 6 – Écart entre les décès observés et attendus par âge de 2020 à 2022

53800 deces plus qu attendus 2022 deces covid
0 2 4 6 8 10 12 -2 -4 -6 -8 en % Moins de 15 ans 15-34 ans 35-54 ans 55-64 ans 65-74 ans 75-84 ans 85-94 ans 95 ans ou plus 2020 2021 2022
lib1 lib1b lib2 lib2b lib3 +9,9 %—–+9,9 %—–9.9—– 9.9 Moins de 15 ans 95 ans ou plus

Note : données provisoires.
Lecture : en 2022, les décès observés des 75-84 ans dépassent de 10,9 % les décès attendus, en prenant en compte l’augmentation et le vieillissement de la population, ainsi que la baisse des quotients de mortalité au rythme de la période 2010-2019.
Champ : France.
Source : Insee, statistiques de l’état civil (extraction au 7 avril 2023) et estimations de population.

La surmortalité est stable pour les 75-84 ans : en 2022, comme en 2021, ils sont les plus fortement touchés (11 % de décès de plus qu’attendus). Cette stabilité laisse supposer que les différents effets à la baisse sur le nombre de décès (vaccination, variant Omicron moins virulent, etc.) auraient été compensés par les effets à la hausse (grippe, canicules et/ou hausse des autres décès).

La surmortalité a augmenté entre 2021 et 2022 pour les 85 ans ou plus, et tout particulièrement pour les 95 ans ou plus. Après une hausse des décès à la suite d’une crise, l’effet « moisson » réduit la mortalité les années suivantes car une partie des personnes les plus fragiles sont décédées. En 2021, cet effet avait vraisemblablement contribué à réduire significativement la mortalité des plus âgés [Blanpain, Papon, 2021]. En 2022, il semble avoir été plus que compensé par un excédent de décès. Comme pour les plus jeunes, les décès à l’hôpital des octogénaires et nonagénaires liés à la Covid-19 ont été moins nombreux en 2022 qu’en 2021 [Ouvrir dans un nouvel ongletSpFrance, 2023b]. Ce sont donc les décès dus à d’autres causes qui ont dû contribuer à augmenter la surmortalité des plus âgés.

Hausse de la surmortalité des femmes et maintien de celle des hommes

En 2022, la surmortalité des femmes a augmenté (8 %, contre 5 % en 2021), tandis que celle des hommes est stable (9 %). C’est surtout l’accroissement de la mortalité des femmes âgées de 85 ans ou plus qui explique la hausse. Par exemple, parmi les femmes âgées de 85 à 94 ans, les décès ont dépassé de 7 % les décès attendus en 2022, contre 4 % en 2021. Quant à la stabilité de la surmortalité des hommes, elle provient d’une hausse chez les 85 ans ou plus compensée par une baisse entre 55 et 84 ans.

Chez les femmes âgées de 15 à 34 ans, la surmortalité est particulièrement élevée en 2022 (16 %), alors qu’elle était modérée en 2021 (3 %). La surmortalité des hommes du même âge a également augmenté (8 %, contre 3 % en 2021). Environ 6 900 décès de femmes ou d’hommes âgés de 15 à 34 ans ont eu lieu, soit 600 de plus que ceux attendus. En 2022, les accidents mortels de la route ont augmenté pour les 18-34 ans (+12 %, soient +109 personnes). Néanmoins, ils sont loin d’expliquer entièrement la hausse de la surmortalité à ces âges, qui est donc due à d’autres facteurs.

Nathalie Blanpain (Insee) 53800 deces plus qu attendus 2022 53800 deces plus qu attendus 2022 53800 deces plus qu attendus 2022 53800 deces plus qu attendus 2022 53800 deces plus qu attendus 2022